Folar de Pâques : tradition du Nord et saveurs d’antan
À Pâques, au Portugal, on ne pense pas seulement aux cloches ou aux chocolats : on pense surtout… au folar. Ce pain traditionnel, symbole de partage et de renouveau, fait partie des grandes fêtes de printemps un peu partout dans le pays. Mais selon les régions, il change de visage — et de goût.
Dans le Sud, le folar est souvent sucré. À Olhão ou en Alentejo, on le parfume à la cannelle, à l’anis, parfois même au caramel, et il se savoure presque comme une brioche.
Mais dans le Nord, notamment à Chaves et Valpaços, Trás-os-Montes, c’est la version salée qui l’emporte. Un pain généreux, bien levé, garni de charcuteries locales : jambon sec, chouriço, linguiça… de quoi faire plaisir à tous les amateurs de recettes rustiques et réconfortantes. Un vrai pain de fête, riche en traditions et en goûts.



Une tradition qui traverse le temps
Le folar n’est pas qu’un pain : c’est un geste. On l’offre aux filleuls, aux parrains, aux amis, en signe d’amour et d’amitié. Une coutume ancienne, qui a traversé les générations, et qui est encore bien vivante aujourd’hui, notamment dans les villages transmontanos.
Certains folares portent même un œuf dur sur le dessus, enfoncé dans la pâte et maintenu par deux bandelettes. C’est plus qu’un détail décoratif : c’est un symbole de vie, de fertilité et de renouveau. Tout ce que représente la fête de Pâques, finalement.
Servi tiède avec un verre de vin rouge du coin, c’est un vrai moment de bonheur. Et s’il en reste, pas de souci : il est encore meilleur le lendemain, à l’ombre d’un figuier, avec un couteau de poche et un petit bout de fromage.
D’un village à l’autre : mille façons de faire
Du folar de Valpaços au folar de Chaves, chaque village a sa version. Et au-delà de Trás-os-Montes, on trouve encore bien d’autres variations :
• le folar de Olhão, sucré, presque caramélisé,
• le folar de Alpalhão, parfumé à l’anis,
• ou encore le folar da Madeira, parfois fourré au sucre ou au miel.
Chaque région a sa recette, chaque famille son tour de main. Mais partout, le folar reste un symbole de fête, de printemps et de retrouvailles.
Et même des foires !
Dans plusieurs coins du Nord, des foires du folar sont organisées autour de Pâques, comme à Valpaços ou à Chaves. On y déguste les spécialités locales, on écoute un peu de musique traditionnelle, et on repart souvent avec un pain (ou deux) sous le bras.
Sucré, salé, garni jusqu’au plafond ou tout simple : le folar divise parfois… mais il finit toujours par rassembler autour de la table.

Une recette simple, mais savoureuse
Voici une version maison du folar salé à la mode de Trás-os-Montes :
• 1 kg de farine de blé
• 10 g de sel
• 4 œufs
• 30 g de levure de boulanger
• 100 g de beurre fondu
• 250 ml de lait tiède
• Viandes à volonté : jambon sec, chouriço, saucisse fumée (linguiça)
Préparation :
1. Mélanger la farine avec le sel.
2. Faire dissoudre la levure dans le lait tiède et ajouter aux œufs battus.
3. Incorporer le tout à la farine, puis ajouter le beurre fondu. Pétrir jusqu’à obtenir une pâte souple.
4. Laisser lever 1 à 2 heures dans un endroit tiède.
5. Étaler une partie de la pâte dans un moule, disposer les viandes en morceaux, puis recouvrir avec le reste de pâte.
6. Laisser lever encore un peu, puis enfourner à 180°C pendant environ 45 minutes.
Ça sent bon, ça réchauffe le cœur… et ça se mange sans cérémonie !































